A propos

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Clotilde est une chanteuse, improvisatrice, auteure, compositrice, performeuse et flûtiste française. Elle entre au conservatoire à l’âge de 5 ans et y étudiera la musique pendant près de quinze ans avec pour instruments de prédilection la flûte traversière et la voix.

Clotilde développe un univers bien à elle, à la croisée de nombreuses influences issues de genres musicaux très différents. Elle confronte les sonorités latines, africaines et Pop et témoigne ainsi du formidable melting pot qu’est le Jazz. En intégrant la poésie et la musicalité des mots à sa démarche artistique, elle exprime son désir de liberté et d’affranchissement de tout standard.
“Son but ultime : repousser les limites de la voix et du chant pour atteindre leur pleine expression.” Obari Toshio – JazzCritics (JP)

“Chanter, c’est contribuer au bonheur du monde”, susurre Clotilde.

“Quand je serai grande, je voudrais être chanteuse ou psychanalyste”, confiait-elle enfant à son journal intime.
Etudiante en Master de management, elle vient de terminer l’écriture et la mise en scène de sa première comédie musicale, Georgia, jouée à guichet fermé au Bataclan (Paris), quand elle réalise que la musique et la scène sont bien plus qu’un violon d’Ingres ; une véritable nécessité chevillée au corps.
“Sa voix est de celles qui viennent de loin, tout simplement de la nécessité de chanter, comme un souffle sorti directement de l’âme.” Laurent Valéro, France Musique (FR)
Elle change  alors radicalement d’orientation.

Ce qui frappe en premier lieu quand on écoute Clotilde, c’est son timbre riche et profond de mezzo; “une voix saisissante, exceptionnelle de gravité qui n’est pas sans rappeler Nina Simone.” Jean-Marc Gelin, Jazzman (FR)
Puis, on est vite fasciné par une aisance vocale stupéfiante et singulière, et l’agilité avec laquelle elle transforme sa voix au gré de son inspiration. Elle en fait ainsi un instrument protéiforme au service du message qu’elle veut transmettre.
“Elle a une telle maîtrise de sa voix et de sa matière musicale, qu’elle vous tient, fasciné, dans le creux de sa main (ou pour être exacte au creux de ses cordes vocales). […] Clotilde a un talent extraordinaire.” Lynn-René Bayley, Fanfare Magazine (USA)

“Il se passe une chose prodigieuse quand Clotilde chante, qu’elle utilise des mots ou pas. Ses ‘gymnastiques vocales’ ne semblent pas provenir d’un microphone classique, mais bien d’un prisme gigantesque en rotation autour d’un axe imaginaire, apparemment contrôlé par sa seule volonté.” Raul da Gama, Latin Jazz Network (CA)


On ne peut pas dire que Clotilde soit une ‘enfant de la balle’, elle n’est pas issue d’une famille de musiciens et n’a pas suivi le parcours ‘attendu’ d’un musicien professionnel.
Cependant, elle est élevée par des parents mélomanes et radiophiles”, qui développent son appétence pour les arts de la scène en général (elle pratique la danse et le théâtre) et la musique en particulier (Conservatoire régional de Saint-Germain-en-Laye).

Comme elle est attirée par l’improvisation, les musiques afro-américaines et le jazz en particulier; elle s’oriente vers ces musiques.

Le premier Cd que je me suis acheté, enfant, était une compilation des plus grands standards d’Ella Fitzgerald. Je l’avais entendue à la radio et j’avais alors été complètement subjuguée par ses improvisations, sa déconcertante facilité et par dessus tout sa liberté et son sens de l’humour. Je crois que c’est cette expérience qui m’a donné le goût du jazz, cet espace où s’expriment tout à la fois la liberté, l’humour et la sensualité.”

Elle suit un an la classe de Sarah Lazarus à l’IACP (Paris), qui lui transmet les bases du scat et surtout lui conseille de puiser dans ses acquis techniques et sa sensibilité de flûtiste pour développer un vocabulaire qui lui est propre.
Puis elle s’immerge dans la culture Jazz, notamment via la composition et l’arrangement Jazz à l’EDIM (Cachan), où elle aura aussi l’opportunité de suivre les master class de grands maîtres tels que Steve Coleman, Dave Liebman, William Parker, Marc Copland, Marc Ducret.

Pour parfaire sa technique vocale et gagner en liberté, elle explore le chant lyrique avec le chanteur ténor Peterson Cowan. “Le chant lyrique est très important pour moi car il propose un travail très sain et délicat de la voix.
Comme ils chantent tous les deux dans le groupe de Gospel : Ritual song, Peterson Cowan lui propose une approche du chant lyrique qui puisse être utilisée dans le Gospel. C’est à ce moment là que Clotilde découvre la complexité et la richesse presque sans limite de l’instrument voix. Elle en commence alors l’exploration minutieuse de chaque recoin avec un enthousiasme contagieux.

La voix est un instrument absolument fascinant, qui peut produire une quantité quasiment illimitée de sons différents. Et tout ça à l’intérieur de nous ! Imaginez. Quand quelqu’un chante, la vibration de ses cordes vocales transmise dans l’air vient faire vibrer celui qui l’écoute jusque dans son squelette ! C’est magique…”

Heureuse coïncidence, elle rencontre à la même époque Martina A. Catella qui dirige l’école les Glotte-Trotters qui depuis 25 ans fait de la voix son terrain de jeu et aux côtés de laquelle elle enseigne depuis 2007.
A son contact et à celui de maîtres des ‘grandes formes narratives chantées’, elle va approfondir son exploration des chants et musiques de la planète : fado, tango, chants Berbères, chants tziganes, voix bulgares, harmoniques, autant d’inspirations qui enrichissent son univers et que l’on retrouve dans ses compositions et arrangements.

Je veux pouvoir traduire au plus juste mes émotions et mes envies musicales et artistiques, pour les transmettre à ceux qui m’écoutent. Plus j‘explore et plus je découvre, et plus je découvre et plus je rencontre et plus je suis émerveillée. Chaque jour j’explore et j’espère bien le faire toute ma vie.”

“Elle utilise sa voix comme un instrument. Ainsi, elle improvise, chante d’une voix flûtée, pépie comme un oiseau et rugit même. Elle s’intéresse aux ruptures et aux collages, et c’est en ce sens que sa musique est résolument actuelle. […] Elle fait ce qu’il lui plait et ce plaisir, elle le communique sur scène.” Udo Raaf – Tonspion (DE)

Je n’oublierai jamais l’enseignement de mon professeur de flûte traversière Luc Urbain. Alors que nous travaillions le concerto en Ré de Mozart pour mon examen, il me répétait sans cesse : ‘ne te focalise pas sur chaque note, pense à la phrase et raconte moi une histoire, fais moi voyager’.”

Depuis lors, Clotilde ne cesse de considérer la musique comme une invitation au voyage et multiplie les aventures et rencontres artistiques et humaines qui peuvent enrichir son inspiration, sa voix et sa transmission.
Au grès de ses rencontres, elle se crée une famille artistique d’adoption éclectique et fidèle, qui l’accompagne dans son cheminement artistique.

En 1998, Vadim Toropoff, fondateur du label Tzig’Art (qui a produit le dernier album de Clotilde), la fait entrer dans la famille tsigane et manouche française. Grâce à lui elle s’imprègne de cette culture musicale notamment par le biais de rencontres avec les frères Ferré, Angelo Debarre, Petro Ivanovitch, ou Petia Iourtchenko.
C’est dans ce milieu qu’elle rencontre en 2000 le guitariste Jean-Baptiste Laya (O’Djila, Christian Escoudé…). Il l’encourage à se consacrer à la musique et au chant et pour lui mettre le pied à l’étrier l‘accompagne à la guitare lors de ses premiers concerts parisiens. Il lui fait découvrir le milieu de la chanson française : Claude Astier, Allain Leprest, Sanseverino; et ensemble ils s’immergent dans la musique des Balkans et le monde ‘yougoslave’ parisien.
De toutes ces influences et amitiés, naitront 2 contes musicaux pour enfants, dans lesquels Clotilde chante et conte : Sur la route des tsiganes et Monsieur Jazz,  et qui tourneront de 2001 a 2012 dans des festivals et salles prestigieux partout en France.

En 2004 elle commence à jouer les standards dans les clubs parisiens toutes les semaines avec le guitariste Hugo Lippi. Cette collaboration donne naissance en 2006 à son premier album, Live au 7 Lézards. Au départ, un projet de jeunesse risqué, spontané, libre, de reprise de chansons pop et jazz. Le chant comme partage, avec un disque autoproduit et enregistré en duo et en live. A l’arrivée, une pluie de critiques élogieuses pour une “petite merveille” (Thierry Quenum, Jazz Magazine) qui place d’emblée Clotilde Rullaud parmi les chanteuses qui comptent.

C’est en 2008 que commence à prendre forme In Extremis, qui marque un moment charnière dans la vie d’artiste de Clotilde Rullaud, qui la positionne sur la scène internationale.

In Extremis représente le moment où l’on pose un repère dans sa vie pour se souvenir de ce qui a été avant et de ce qui a été après”.

Au départ, comme toujours avec Clotilde, il y a une rencontre, un échange, un partage avec 3 musiciens : Olivier Hutman (piano), Dano Haider (guitare 7 cordes) et Antoine Paganotti (batterie). Elle fait aussi appel pour les textes à son complice de toujours Colin O’Doherty et au conteur Emmanuel Delattre rencontré peu de temps auparavant et avec qui elle noue quasiment instantanément une complicité artistique forte. Comme un fil d’Ariane, elle invite aussi Hugo Lippi sur un des morceaux.
Album plébiscité par la critique en France (Sélection FIP, TT dans Télérama), In Extremis est consacré par Clive Davis du SundayTimes (UK) 5ème meilleur album Jazz de l’année 2011 et reçoit des éloges de la presse et des radios du monde entier.

Clotilde continue son voyage artistique. Musicalement gourmande elle remplit sa besace d’influences éclectiques glanées au grès de ses rencontres.

Depuis 2010 elle a entamé une collaboration prolifique avec le compositeur  et bandonéoniste Tristan Macé : création du Diable à froid (2010) (en trio avec Albin Lebossé au Cor) autour des émergences musicales et littéraires des mouvements surréalistes et Dada, et du tango ; création du projet : Fleurs Invincibles – Invincible Flowers (2012) avec Emmanuel Bex (piano/orgue), Yann Cléry (flûtes), Laurent Salzard (basse), Gautier Garrigue (batterie). Il s’agit d’un projet bilingue qui s’articule autour des compositions originales de Tristan Macé sur des textes des poètes américains de la Beat Generation et de ceux des poètes noirs français des années 40-50.

Éclectique et hyper-active, elle a démarré des projets aussi diamétralement opposés qu’une collaboration avec an joueur iranien de santour : Reza Madani, un DJ américain Electro-lounge: Maurice Oliver, un batteur américain de Free Jazz : Percival Roman, et un autre avec Chekov, groupe de musiciens basé à Shanghai.

En ce moment, Clotilde participe à l’élaboration de nombreux nouveaux projets dont un duo : Madeleine & Salomon avec le pianiste français Alexandre Saada; et un projet franco-américain pluridisciplinaire XXY

“Je n’aime pas l’idée de contraindre la musique dans des genres ; ça ne sert qu’aux disquaires. J’aime la Musique avec un grand M. Je ne peux pas déconnecter l’expérience musicale des gens, des lieux et des événements, c’est ce qui fait que certaines musiques me parlent plus que d’autres.
J’ai des goûts complètement éclectiques. Les différentes musiques que j’écoute – et ça va des musiques classiques et contemporaines aux musiques Africaines et Brésiliennes en passant par le Jazz, les musiques Afro-Américaines et Indiennes – rejaillissent dans ma propre musique ou dans mes improvisations.
Chaque fois que je démarre un nouveau projet, j’essaye d’exprimer sincèrement ce que je ressens du monde qui m’entoure, les ‘correspondances’ pour paraphraser Baudelaire. Avec la musique j’aspire à faire voyager les gens : saisir la main de quelqu’un et s’évader. Bien sûr, il y aura des moments plus agréables que d’autres, mais à la fin nous serons tous les deux plus vivants. ”

Propos recueillis et traduits par Charlotte H. & Roland Glasser

DISCOGRAPHIE (en tant que leader) :
A woman’s Journey par Madeleine & Salomon – (Tzig’Art/Promiseland) – 2016
Avec Alexandre Saada : piano, rhodes
Un duo minimaliste et délicat qui s’attaque à un répertoire humaniste et révolté, un hommage aux chanteuses américaines engagées.
Disque de la semaine FIP, TT Télérama, CHOC Jazzmagazine, INDISPENSABLE Jazznews, ELU Citizenjazz, « Oui on aime » Culturejazz

In Extremis (Tzig’Art & Nota Bene Productions Ltd.) – 2011
avec Olivier Hutman: piano, Dano Haider: guitare, et Antoine Paganotti : batterie
**** Sunday Times – TT dans Télérama – Disque de la semaine FIP
5ème au classement Jazz annuel de la Radio Nationale Américaine ‘NPR Annual Jazz Critics Poll 2013′ – catégorie ‘Debut album’ (USA)
Entrée en 5ème position semaine 1300 des CMJ charts (USA) – 2013
Sélection parmi les meilleurs albums jazz 2013 par JazzPage (JP)
5ème meilleur albums jazz 2011 dans le Sunday Times (UK) par Clive Davis
Sélection parmi les meilleurs albums jazz 2011 par Jacques Chesnel (Citizenjazz.com)

Live au 7 lézards (autoproduction avec le soutien de la mairie de Paris) – 2007
Duo voix-guitare avec Hugo Lippi
*** Jazzman.

COLLABORATIONS :
Lofi Improvisation – 2014
Duo batterie voix – Free Jazz avec Percival Roman à la batterie

Ligne d’éconduite – 2014
Duo avec Emmanuel Bex au piano et à l’orgue

La complainte de la Tour Eiffel – 2013
with Alain Jean-Marie (piano), Philippe Soirat (drum), Nicolas Rageau (double-bass)

Fleurs Invincibles – Invincible Flowers – 2012
Avec Emmanuel Bex (piano), Yann Cléry (flutes), Laurent Salzard (bass), Gautier Garrigue (batterie) et Tristan Macé (compositions).

ENSEIGNEMENT :
Les Glotte-trotters depuis 2007
Jazz à Tours depuis 2012
Centre des musiques Didier Lockwood (janvier à juin 2013)

Les tournées de Clotilde sont soutenues par :
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